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CyclaB, dénicheurs et créateurs de talents anti-gaspi

CyclaB, dénicheurs et créateurs de talents anti-gaspi

Dans le cadre de la journée nationale de lutte contre le gaspillage alimentaire du 16 octobre, nous vous proposons une série de 3 articles sur les travaux du Syndicat Mixte Cyclad, au Nord de la Charente Maritime. Pourquoi Cyclad ? D’abord, parce que c’est peut-être le Syndicat de déchets le plus innovant en France en matière de gaspillage alimentaire. Ensuite, parce qu’il a créé en 2017 un laboratoire d’innovation en économie circulaire CyclaB, qui multiplie depuis les projets locaux (et géniaux) de lutte contre le gaspillage alimentaire.

Troisième et dernier épisode de notre série sur Cyclad, un coup de projecteur sur les projets de lutte contre le gaspillage alimentaire porté par CyclaB, laboratoire d’économie circulaire. Bière à base de pains invendus, pâtisseries et biscuits à base de drèches, confitures et soupes à base de fruits et légumes sauvés de la poubelle ou encore huile d’olive anti-gaspi contre la Mucoviscidose : bienvenue dans le paradis de l’anti-gaspi.

C’est Alice Michaud, Cheffe de projet au CyclaB, qui nous a contactés début septembre : « L’essaimage est un axe fort pour nous. En tant que service public, notre but est aussi de démontrer qu’il est possible d’agir localement et que les solutions sont nombreuses, simples et variées. Si nos actions peuvent servir à d’autres, nous sommes dans la transmission de nos expériences. » C’est comme ça qu’est née l’idée, commune, d’une série sur Cyclad et CyclaB, dans le cadre de la journée du 16 octobre. Alors, le laboratoire, comment ça marche ?

« Une graine ou une petite gomme »

« Nous avons deux méthodes », nous explique Alice Michaud. « Première méthode, on repère un gisement, par exemple le pain invendu. On se pose des questions. Qu’est ce qu’on peut en faire ? On peut en mettre dans la bière ? Je pose la question à des partenaires qui pourraient être engagés. Ensuite, ça prend ou ça ne prend pas. On plante des graines et c’est grâce à la compétence des acteurs qu’on peut faire naitre le projet »

La deuxième méthode ? « Depuis qu’on est reconnus, la méthode s’est inversée. Des porteurs de projets nous contactent avec une idée. A nous de les aider à s’implanter sur le territoire. On essaye d’être une petite gomme. On accompagne le partenaire et peu importe le problème, on essaye d’effacer les freins et l’aider à implanter son activité. »

C’est comme ça que naissent les projets anti-gaspi au CyclaB. Le premier, c’est une bière à base de pain invendu, la Fée Nixe fabriquée par la brasserie La Rieuse avec l’aide d’un boulanger engagé. Après un test très concluant La bière est maintenant brassée tous les mois. Arnaud Clavurier, le brasseur, récupère le pain, tranché et toasté par le boulanger. Il remplace une partie du malte par le pain. « La fée Nixe est vendue dans 26 points de ventes aujourd’hui dont la boulangerie. »

« Je me suis dit qu’il fallait faire le chemin inverse »

Cette première réussite appelle d’autres projets : « le brasseur souhaitait continuer à s’engager. Après avoir beaucoup réfléchi, on a voulu tester une bière aux agrumes. Ce projet a été intégré à un tutorat. Ce sont des étudiants de l’ENILIA-ENSMIC qui, sur l’année scolaire 2018/2019, ont travaillé sur la conception de bière aux agrumes invendus, de la Biocoop de Surgère. Une fois la recette validée, le brasseur a lancé la production pour l’été : L’Agrum’s Wit était née. La fabrication de cette bière repose sur un écosystème local : un magasin bio, un lycée et une brasserie artisanale, accompagnés et mis en relation par CyclaB.

Le CyclaB, à force d’être au contact de brasseurs, se rend compte que la bière engendre beaucoup de drêche, co-produit issue du malte, très riche en protéine. «Je me suis dit qu’il fallait faire le chemin inverse. Nous avons contacté un pâtissier, La pâtisserie la Cabane des Délices, qui s’est donné comme challenge d’en faire des biscuits. » Il a développé une gamme de 4 biscuits : des sablés, des cookies, des meringues et des croquants au chocolat, avec 25% de drèches bio, dans chacun de ses produits.

Mais pourquoi ne pas faire des biscuits salés pour les manger avec les bières à l’heure de l’apéro ? Pendant 6 mois des étudiants on travaillé sur ce projet tutoré. À la fin de l’année une très bonne surprise : une des étudiantes a trouvé le sujet tellement intéressant, qu’elle annonce au CyclaB qu’elle veut créer son entreprise et se lancer dans la fabrication de crackers apéro. Un nom LAGADU ! (site internet en cours de création). Normalement les crackers seront en vente pour Noël.

Des porteurs de projets qui approchent CyclaB, ça arrive de plus en plus souvent. Comme Stéphane Augé, le fondateur de Cyfruileg qui fabrique des soupes et des confitures à partir d’invendus. « Nous l’avons accompagné dès le démarrage, avant même que le projet soit lancé. On a travaillé avec lui sur la recherche de partenaires pour faire connaître son activité, par exemple avec le Régal Nouvelle aquitaine. Notre objectif ici a été de le mettre en avant car il avait déjà des partenaires pour la récupération des invendus ». Aujourd’hui Cyfruileg est en pleine croissance et a créé un emploi.

ils proposent à des particuliers de donner leurs surplus d’olive

Accompagner des projets dans leur croissance, c’est une des mission du CyclaB. Comme avec le projet Muco’live 17, le dernier programme anti-gaspi en date porté par le territoire. un projet dingue. L’idée : plutôt que de lancer une campagne de dons en argent classique pour une association, ils proposent à des particuliers de donner leurs surplus d’olive. Les olives ainsi récupérées vont ensuite être transformées en huile et revendues, en faveur de la recherche sur la Mucoviscidose. Au démarrage l’association récupère une à une tonne et demi d’olives. Parallèlement CyclaB se rend compte que beaucoup d’olives étaient jetées en déchèterie. « On s’est demandé ce qu’on pouvait en faire. On s’est rencontrés au bon moment. » Grace à ce partenariat, l’objectif sera cette année 3 tonnes et peut-être plus l’année suivante. Et pour boucler, la boucle Muco’Live sera produite au Foyer Occupationnel de Marlonges (CF : Article N°1 de la série) Les résidents, en situation de handicap, seront impliqués dans le processus de production. Comme souvent avec le CyclaB, l’antigaspi rime avec social et solidaire : la boucle est bouclée.

Dans son dernier mail, Alice Michaud précise : « Nous aidons les porteurs de projet à commercialiser leurs produits via le réseau des « Pépites ». Nous démarchons des commerçants sur notre territoire pour qu’ils intègrent les produits dans leurs boutiques. Nous ne prenons pas de commission. Notre objectif est de proposer aux habitants des produits locaux et éco-conçu. » C’est peut-être pour ça que le CycalB fonctionne si bien : Pas de coup d’éclat, mais une vision à long terme avec un réel suivi pour leurs partenaires, bref une vraie politique de territoire.

Retrouver le 1er épisode de notre série spécial Cyclad / CyclaB : Donnez, Prenez : une zone de gratuité spéciale fruits et légumes

Retrouver le 2eme épisode de notre série spécial Cyclad / CyclaB :« faire mieux avec moins » : Cyclad un territoire engagé

C.K

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