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Découverte Initiative : Babelicot

Découverte Initiative : Babelicot

Est-ce que vous connaissez la différence entre un maraîcher et un légumier ? Savez vous prédire la récolte de courgettes en regardant le ciel ? On encore comment transformer un surplus de betteraves en purée pour bébé ? Ne chercher plus. On a trouvé les dieux Armoricains des légumes et de la transformation anti-gaspi. Pour les rencontrer, il faut marcher vers l’Ouest jusqu’à la pointe de la Bretagne dans le Finistère puis attendre qu’ils souhaitent bien vous recevoir. Heureusement, nous, ils nous ont envoyé un mail. On vous présente la conserverie bio, local et zéro déchet Babelicot.

Babelicot c’est depuis un peu plus de 2 ans le concept anti-gaspi d’Eléonore et Benjamin. Un atelier de transformation qui produit des soupes, des tartinables, des condiments, des sauces et des pots pour bébé à partir de surplus de production d’une quinzaine de maraîchers bio dans un rayon de 50 km. Bio, local, anti-gaspi, on peut dire que Babelicot à tout compris. On retrouve dans leur catalogue une trentaine de recettes comme le Houmous de Betterave, la soupe de potimarron au gingembre ou encore le fameux Green Ketchup à base de courgette !

Mais comment font-ils ?

Eléonore et Benjamin, qui ont déjà une longue expérience dans les secteurs alimentaires, sont partis d’un constat. Les maraîchers bio de par la nature de leur production et la petite taille de leur exploitation sont fortement soumis aux aléas de production notamment climatiques. Ce qui engendre des surplus de production et des légumes hors calibre. Prenons un exemple, Benjamin nous raconte : « «Henri, un maraicher avec qui on travaille, a planté l’été dernier ses courgettes un peu en retard pour qu’elles soitent murent en septembre quand les gens rentrent de vacances. Problème, il y a eu un coup de chaud au mauvais moment et les courgettes sont toutes arrivées au mois d’août et personne pour les manger. Là, deux solutions sont possibles : soit on les laisse pousser et elles deviennent amères et immangeables soit on trouve des solutions et Babelicot fait partie des solutions. C’est vraiment pour ça qu’on a créé ce projet. Pouvoir arriver en roue de secours. »

On a un peu l’impression de devenir le meilleur pâtissier de France !

Benjamin dans les vapes ©Julie Lefèvre

Dans ce cas le maraîcher appelle Benjamin et tous s’enchaîne très vite. Il résume « On réceptionne de bon matin les légumes, on nettoie les légumes, on épluches les légumes, on coupe les légumes, on cuit les légumes. Et on fait les assemblages. » Vers la mi-journée ils sont prêts à mettre en pot. La cuisine est professionnelle, en atteste la marmite de 150 litres, mais reste artisanale. Chaque pot sera rempli à la main à la poche à douille. «  On a un peu l’impression de devenir le meilleur pâtissier de France ». Enfin les bocaux sont capsulés vapeur puis placés dans l’autoclave (une sorte de grosse marmite) pour être stérilisés et permettre une date de durabilité minimum de 2 ans. Pour vous donner un ordre de grandeur Babelicot c’est 200 kilos de légumes sauvés par semaine et 50 000 pots en 2017.

Tout ça c’est la partie émergée de l’iceberg car lutter contre le gaspillage alimentaire c’est aussi beaucoup… d’administratif. En général, du lundi au mercredi Eléonore et Benjamin préparent les bocaux et la fin de la semaine est consacrée au « reste ». C’est à dire l’étiquetage, la mise en carton et surtout la gestion de toute la traçabilité des produits. « On doit être capable, avec la traçabilité obligatoire et la traçabilité Bio, de savoir, pour chaque recette, quels sont les ingrédients, d’où ils proviennent, à quelle facture ils font référence et à quel jour de production. On doit être capable de rappeler un lot qui a été vendu en moins de deux heures ». Un bocal anti-gaspi c’est un produit comme un autre, soumis aux mêmes règles.

C’est pas parce qu’on a un produit qui est anti-gaspi que ça se vend tout seul !

Et la semaine n’est pas finie ! « Ce n’est pas parce qu’on a un produit qui est anti-gaspi que ça se vend tout seul. » Au contraire, Babelicot a des coups de production qui vont être plus élevés que ses concurrents notamment parce leurs maraichers sont rémunérés convenablement, sinon la démarche n’aurait aucun sens. Les babelicots sont des produits un peu plus chers «  Il faut donc être là, argumenter la démarche, auprès des magasins et des clients » souligne Benjamin « mais heureusement c’est aussi le côté passionnant du métier. » Ouf !!!

Pour finir on a demandé à Benjamin ce qu’il fallait boire à l’apéro avec une petite tartine de Babelicot : « On est à Brest donc principalement de la Bière, locale et artisanale » évidemment… et avec modération.

Où est ce qu’on trouve ces petits Babelicots ? Un peu partout dans le Finistère sauf dans la grand distribution : Biocoop, les magasins la Vie Claire, Bio Monde, des épiceries fines, chez des cavistes, dans des magasins de producteurs. Ils sont en train d’arriver sur Lorient et le Morbihan également sur les côtes d’Armor et on démarche actuellement sur l’Ille-et-Vilaine. Retrouver une carte des points de ventes « presque à jour » sur leur site. On peut aussi en commander en ligne sur le site Terra In.

Bonus : si vous voulez enfin connaître la différence entre un maraicher et un légumier voici la réponse limpide du grand Cheik Local Babelicot.

C.K

Photo à la une © Breizh Gwer

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