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Docteur, je crois que je gaspille trop !

Docteur, je crois que je gaspille trop !

Pourquoi gaspille-t-on ? Quels sont les mécanismes qui nous poussent à jeter tellement ? Quels sont les ressorts psychologiques du gaspillage alimentaire ? Ce sont justement les questions que s’est posée une chercheuse de l’école de management de Grenoble, Mia Briau.
Aurions-nous les yeux plus gros que le ventre ? Oui, c’est un peu ça, mais pas que.

Le premier ressort psychologique qui interviendrait pendant les courses serait le suivant. Nous, consommateurs, aurions tendance à sous-estimer ce que nous avons à la maison et donc à acheter trop. Une fois rentrés et nos courses rangées, nous avons plutôt tendance à avoir envie de cuisiner toutes les bonnes choses que nous venons d’acheter. Inexorablement, les produits les plus anciens finiront plus facilement à la poubelle. D’autant plus, si ils sont bien callés au fond d’un placard ou du frigo.

D’autres moteurs psychologiques entrent en compte. Ainsi, il peut exister une différence entre nos motivations d’achats et notre inconscient. Il faut manger équilibré, donc acheter des produits sains. Mais une fois à table, les envies réelles reprennent le dessus. Qui n’a jamais pris, un samedi matin, plein de bonnes résolutions, rempli ses sacs de fruits, légumes et yaourt allégés… pour se retrouver pitoyablement le dimanche soir devant une pizza 4 fromages fraichement décongelée. Tout le monde non ?

Il existe enfin un facteur plus inconscient encore et inattendu. Si nous achetons beaucoup et trop, c’est pour nous rassurer sur notre niveau de vie : « Je remplis mon caddie parce que j’en ai les moyens ». Ou bien, « je veux que mes enfants ne manquent de rien » donc je fais le plein sans me soucier du gaspillage. Ce travers, plus sournois est, selon la chercheuse, beaucoup plus dur à gommer.

J’ai souvent remarqué ce cas lors de repas avec des amis ou la famille. On veut faire plaisir, que nos hôtes ne manquent surtout de rien. On a une peur terrible qu’il n’y en ait pas assez et qu’ils aient faim. Et on prépare beaucoup, beaucoup trop.

Informer mais surtout sans brusquer !

Quelles que soient les habitudes de consommation, c’est bien par l’information qu’on luttera le plus efficacement contre le gaspillage alimentaire. Information : oui, mais à condition qu’elle ne soit pas culpabilisante pour le consommateur et « que les actions qu’on lui propose lui paraissent faciles à réaliser » souligne Mia Briau. Comme quoi, qu’on regarde les causes du gaspillage alimentaire ou ses solutions, avec le consommateur, il faut être un fin psychologue.

À ce titre les spots TV de la campagne #çasuffitlegâchis du Ministère de l’Environnement et de l’ADEME de mai 2016 étaient complètement dans cette veine. Informer sans culpabiliser. Les messages étaient simples : faire attention aux quantités, faire une liste de course et ne pas prendre trop de pain à la cantine. Les vidéos étaient surtout drôles, courtes et efficaces. Un 10/10. D’ailleurs, le public est au rendez-vous avec plus de 2 millions de vues chacune sur Youtube, elles ont de quoi faire pâlir d’envie n’importe quel youtubeur… ou blogeur anti-gaspi!

Et pour aller plus loin :

Retrouvez sur le site de Sciences et Avenir un article plus complet sur l’étude.

Un article, de Lepetitjournal.com sur le gaspillage à Hong-Kong… où ne pas finir son plat serait un geste banal et un signe extérieur de richesse !

C.K

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