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« faire mieux avec moins » : Cyclad un territoire engagé

« faire mieux avec moins » : Cyclad un territoire engagé

Dans le cadre de la journée nationale de lutte contre le gaspillage alimentaire du 16 octobre, nous vous proposons une série de 3 articles sur les travaux du Syndicat Mixte Cyclad, au Nord de la Charente Maritime. Pourquoi Cyclad ? D’abord, parce que c’est peut-être le Syndicat de déchets le plus innovant en France en matière de gaspillage alimentaire. Ensuite, parce qu’il a créé en 2017 un laboratoire d’innovation en économie circulaire CyclaB, qui multiplie depuis les projets locaux (et géniaux) de lutte contre le gaspillage alimentaire.

Deuxième Épisode aujourd’hui avec l’interview de Anne Sophie Descamps, Vice Présidente en charge de l’économie circulaire de Cyclad. Elle nous raconte la politique et les actions exemplaires menées par Cyclad et CyclaB : 

16octotobre.fr : Vous menez une politique ambitieuse en matière de gestion des déchets et de réduction du gaspillage alimentaire. Quel a été l’élément déclencheur, la philosophie de départ ?

Il y a une dizaine d’années on s’est rendu compte que le gaspillage devenait très important. On a eu la chance d’avoir un agent qui était très engagé personnellement sur le gaspillage et qui a décidé, avec l’aide de l’Ademe*, de mettre en place des composteurs. Ce fut notre première action liée au gaspillage alimentaire sur le territoire. Or un compost c’est autant de déchets qui ne sont ni incinérés ni enfouis. Aujourd’hui, on a 70% des habitants qui sont équipés en composteurs.

Depuis 2014, nous allons plus loin, en s’engageant avec le label « Zéro gaspillage Zéro déchet ». Il fallait apporter aux habitants des solutions simples et faciles pour réduire le gaspillage alimentaire. Par exemple, cela a permis d’inciter les gens à avoir des poules dans leur jardin.

Plus récemment encore, nous avons participé au projet 1000 écoles. Nous avons démarché de nombreuses écoles pour les aider à réduire leurs déchets, en réaliser des pesées et en engageant la réflexion sur comment les réduire. Toutes les écoles qui ont participé ont réduit énormément leur gaspillage. Ce qui a permis de réduire la facture et de passer à des aliments bio sans changer le prix de la cantine.

16oct.fr : Et en 2017 vous créez CyclaB, le laboratoire d’économie circulaire du Cyclad ?

Les trois chefs de projet : de gauche à droite Alice Michaud, Thierry Galais et Beatrice Daubigné (Trophées Cyclab)

Oui, à force de voir ce qu’il y avait dans nos bennes : des objets, des matériaux en tous genres, et énormément de gâchis alimentaires, des produits encore emballés. On s’est dit qu’il fallait vraiment avancer. CyclaB, le laboratoire d’économie circulaire du Cyclad est créé en 2017. D’abord avec un seul agent, Thierry Galais, pour réfléchir à comment revaloriser les matériaux. Ceci a aboutit à un projet sur le bois : transformer des pieds de vieux meubles qui finissaient à la poubelle en Molkky circulaire : Le DOUZE PIED. C’est la première action qui a fait connaître CyclaB. Fort de ce succès, Alice Michaud, qui avait travaillé sur les biodéchet auprès des restaurateurs, est venue compléter l’équipe du CyclaB sur la partie biodéchet (donc le gaspillage alimentaire !). Et depuis, de nombreux partenariats on été montés comme La brasserie La Rieuse qui fabrique une bière à partir de pain invendus récupéré.

« On a réussi à mettre tout le monde autour de la table pour faire avancer le sujet »

L’idée, du CyclaB, c’est vraiment de fédérer les acteurs autour de projets communs et circulaires. Pour reprendre l’exemple du Bois : Avant, le lycée du Pays d’Aunis de Surgères des métiers du bois achetait des bois neufs pour faire travailler ses élèves. Aujourd’hui ils utilisent du bois récupéré en déchèterie. C’est important pour l’œil des faiseurs de demain. Les élèves se rendent compte que les vieux bois sont aussi bons que les nouveaux et qu’en plus, ça coûte moins cher ! Nous travaillons également avec plusieurs chantiers d’insertion comme AunisGD. La boucle est bouclée : le Lycée du Bois, le chantier d’insertion et un aussi un designer basé à la rochelle : La Matière. On a réussi à mettre tout le monde autour de la table pour faire avancer le sujet.

16oct.fr : Est-ce que vous avez l’impression que le rapport au déchet ou à la matière a changé auprès des particuliers et des entreprises ?

Il y a une prise de conscience certaine auprès des particuliers. Grâce à un gros travail de Cyclad et CyclaB, auprès du grand public et des écoles. Au niveau des entreprises ça commence à venir. C’est plus compliqué parce que c’est des plus gros systèmes à mettre en place. Il y a des choses sur lesquelles on est en train de travailler, mais il faut absolument que les entreprises avancent. Elles ne comprennent pas toujours le pourquoi du comment… On travaille avec elles, doucement mais sûrement. On va y arriver ! L’économie circulaire est devenue un sujet important, elle est partout, on ne peut pas ne pas l’entendre.

Les réalisations du CyclaB

16oct.fr : Des conseils à donner au territoire qui souhaite s’engager ?

D’abord il faut essayer de chercher des moyens. Pour les trouver on peut se faire aider par l’Ademe en amont à monter un projet. Une des premières solutions à mettre en place c’est le composteur, qui permet de réduire les déchets considérablement. Face au conseil d’administration, il faut leur prouver qu’en réduisant les déchets on réduit la facture auprès des habitants. Pour s’inspirer on peut aussi lire la feuille de route sur l’économie circulaire. Il y a énormément d’éléments intéressants à prendre en compte. Et puis il faut inciter tout le monde à se lancer, former les agents à l’économie circulaire. Ici au Cyclad nous avons des agents vraiment engagés. Par exemple, il n’y a pas une bouteille en plastique qui traine sur les bureaux. Des personnes convaincues, ça aide et ça permet de bien faire passer les messages auprès des habitants.

16oct.fr : Un rêve pour votre territoire, dans 5 ans, dans 10 ans en matière de déchet ?

Moi ce que j’aimerais vraiment, c’est inciter à faire très attention à ses achats. Le plastique de toutes les couleurs ? Il faut arrêter. La vente en vrac se développe. C’est très bien. On doit réduire les emballages, bien réfléchir avant de faire un achat. Il existe des repair-café, où on peut acheter des produits reconditionnés. Aujourd’hui on peut faire mieux avec moins et permettre un gain d’argent important. J’aimerais vraiment que demain il y ait une prise de conscience de la population. Que tous nos habitants aient réduit leurs sacs noirs à une infime poche. Qu’on puisse passer une fois par mois les collecter. Ce serait vraiment formidable. Et tout ça augure d’un monde meilleur.

Retrouver le 1er épisode de notre série spécial Cyclad / CyclaB : Donnez, Prenez : une zone de gratuité spéciale fruits et légumes

Retrouver le 3eme épisode de notre série spécial Cyclad / CyclaB : CyclaB, dénicheurs et créateurs de talents anti-gaspi

C.K

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