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La solution contre le gaspillage dans les potagers

La solution contre le gaspillage dans les potagers

Vous êtes sûrement nombreux, lecteurs de 16octobre.fr, à vous adonner a ce grand plaisir de la vie qui est de voir pousser ses légumes et mûrir ses fruits. Les potagers, très répandus autrefois, ont aujourd’hui le vent en poupe ; retour à la terre et maîtrise de notre alimentation obligent. Le problème avec un potager ou un beau verger, c’est qu’ils peuvent rapidement produire beaucoup, BEAUCOUP 😱, trop. Alors que faire ? Quel dommage de se battre toute l’année pour une production locale, de saison et le plus souvent bio pour finalement se retrouver à jeter de la nourriture, non ? Justement, de bons produits locaux et de saison, c’est justement ce que cherchait Virginie Broncy, fondatrice du Potager d’à Côté.

Virginie ne trouve pas ce qu’elle souhaite en matière de fruits et légumes dans son département de Charente. Trop chères, mauvaises, compliquées, aucune des solutions qui s’offrent à elle ne trouvent grâce à ses yeux. Elle a également envie de monter sa propre entreprise : « Ma première idée était d’aider les gens à faire des potagers chez eux. Puis, à force d’entretiens, je me suis rendue compte que selon les personnes interrogées, les meilleurs fruits et légumes étaient ceux des potagers, des amis, des collègues, de la famille. J’ai alors rapidement fait évoluer mes questionnaires et leur ai demandé si ils étaient prêts à consommer des surplus de potagers. Ils m’ont répondue oui à 85%, quand 70% d’entre eux souhaitaient consommer local. Il fallait donc organiser cette rencontre. »

Tomates à coulis, Courgette à farcir

C’est comme ça qu’est née l’idée de la plateforme web Le Potager d’à Côté. Elle permet aux jardiniers amateurs de vendre facilement leurs surplus de production à « leurs voisins ». Une fois inscrits, ils n’ont plus qu’à proposer leurs excédents. L’acheteur peut ensuite réserver ses fruits et légumes, les payer en ligne et convenir d’une heure de rendez-vous avec le jardinier pour récupérer sa commande. La plateforme est également ouverte aux producteurs professionnels. « Particuliers et producteurs offrent une complémentarité intéressante, car les producteurs proposent des fruits et légumes toute l’année. Les particuliers, eux, sont plus saisonniers », nous explique Virginie. Les producteurs peuvent proposer des surplus, mais aussi une partie de leur production standard. Des catégories spécifiques ont été créées pour des produits qui ont par leurs aspects ou leurs états, des propriétés particulières : les tomates à coulis, la courgettes à farcir, la pomme à compote, le kiwi à jus, ou encore les fèves à purée. L’idée est que les gens ne soient pas surpris de ce qu’ils vont récupérer. Pour ce type de produits anti-gaspi, les prix sont évidemment au rendez-vous. Les fèves à purée étaient par exemple à 30 centimes le kilo. J’ai moi même trouvé des potimarrons à 50 centimes pièce, en me baladant sur le site. Qui a dit que le potimarron était interdit en juillet ?

Un réel impact national

Lancé en Avril 2018 avec une dizaine de producteurs en Charente, le Potager d’à côté s’est rapidement étendu aux départements voisins. Aujourd’hui il compte 1000 inscrits et plus de 150 jardins référencés en Charentes, Charente Maritime, Deux-Sèvres, Dordogne, Ardennes et Loire Atlantique. L’objectif est bien entendu de voir le Potager d’à Coté pousser partout en France. Il existe des utilisateurs inscrits dans 35 départements, ce qui confirme bien la demande de produits locaux potager anti-gaspi. Depuis le lancement, ce sont 3 tonnes de produits locaux de saisons qui ont trouvé preneurs sur le site, dont 650 kg de surplus issus de particuliers. Il en faudrait davantage pour que le site soit pérenne. Virginie estime que près de 5000 tonnes de fruits et légumes seraient sauvées par an, avec 1000 inscrits dans chaque département. Le potager d’a côté pourrait avoir un réel impact national sur le gaspillage alimentaire.

En créant son entreprise Virginie voulait avoir un impact positif sur la société et l’environnement. Donner un sens à son travail. A ce titre Le potager d’a côté n’est pas qu’un simple site de vente. Car au-delà de la lutte contre le gaspillage alimentaire, il s’agit aussi de récréer du lien social. Une personne sur huit souffrirait d’isolement en France, souvent dans les campagnes. Et le Potager d’à Côté, c’est souvent une rencontre et une visite du potager. « Les retours d’expérience sont beaucoup accès sur les conversations qui s’engagent… et ça c’est chouette ». On ne le dit que trop souvent ici, la lutte contre le gaspillage alimentaire c’est aussi des rencontres, du partage, de l’échange… bref du bonheur. Enfin pour ceux qui le souhaitent les gains sur la plateforme peuvent être donnés à une association en fin d’année. Nature et Avenir dans les Ardennes par exemple. « Ce sont des associations qui sont engagées sur la préservation de la biodiversité et sur la promotion du jardinage ». D’ailleurs si vous êtes une association vous pouvez solliciter les potagers d’à côté pour un partenariat.


Le Potager d’à Côté n’en est qu’à ses débuts mais on est persuadés que cette jeune pousse donnera bientôt de gros légumes anti-gaspi. En cherchant sur la plateforme, je n’ai trouvé aucun jardin dans le Loiret. Je sais déjà que j’en parlerai au voisin de mes parents cet été. Il avait tellement de tomates l’année dernière qu’elles ont pourri sur les pieds. Et vous, vous êtes peut-être jardinier ? Ou votre voisin d’à côté ? Ça devrait sûrement l’intéresser !
Découvrez le Potager d’à Côté en cliquant
Et pour ceux qui ne sont pas encore convaincus, Virginie vous explique tout ça en vidéo : 

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