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Tous au compost… même moi!

Tous au compost… même moi!

Tous au compost, du 30 mars au 14 avril, c’est l’évènement national du compostage collectif de proximité. Organisé par le Réseau Compost Citoyen,Tous au compost rassemble des centaines d’évènements partout en France. L’idée ? Montrer à tous que le compost, ça marche, et que c’est une dynamique ultra locale qui donne du sens à ce qu’on mange et à ce qu’on fait pousser. Alors pour l’occasion, on a décidé de se lancer, et on a eu de la chance ! On a pu croiser Alexis Gonin, chargé de mission, pour le réseau Compost citoyen, entre deux trains.

D’abord, pourquoi parler de compostage sur 16octobre.fr ? C’est vrai que le compostage est en fin de chaine, mais comme le dit Alexis Gonin : « composter, c’est se rendre compte de ce que l’on jette ». Le « déchet » devient alors visible et amène à se poser la question du gaspillage. Quand on se lance dans le compost, arrive rapidement la question de la qualité de ce qu’on mange. Par exemple, une question qui revient souvent au Réseau compost citoyen « Est-ce que mon compost est bio ? ». Les gens ne mangent pas forcément bio, mais se demandent en revanche s’il y a un risque pour leur compost. Composter, c’est considérer ce qu’on mange et ce qu’on gaspille. Bref composter, c’est lutter contre le gaspillage. Dans la poubelle le biodéchet n’existe plus. On le cache, on le déresponsabilise.

Alors comment se lancer dans le compost en ville ?

Evidemment, Alexis me parle immédiatement du lombricompostage. Le gros avantage du procédé c’est qu’il ne produit que très peu de compost. Idéal pour un appartement avec trois plantes comme le mien. Le Lombricompostage produit surtout un résidu liquide qu’on appelle le jus de compost ou le lombriThé. On le dilue ensuite pour arroser nos petites plantes d’appartement en manque d’engrais naturels (les pauvres !!!). Tel un commercial qui tente de nous vendre un aspirateur, Alexis nous assure qu’il en a un chez lui et qu’il n’a jamais vu un vers en sortir. En consultant différents blogs sur la question, le Lombricompostage, malgré quelques ratés, notamment le cas des moucherons, semble faire l’unanimité. On les croit tous sur parole mais je juge compliqué de mettre en place un lombricompostage en 10 jours. Ce sera donc collecte de biodéchet et compost collectif de proximité !

notre petit seau !

Alors on se lance. La première étape, trouver où stocker ses biodéchets. Un petit seau avec un couvercle fera très bien l’affaire. Par exemple, un pot de glace. Mais ne mangeant pas de glace, je dois me tourner vers ce qui se vend dans le commerce. Dans une grande chaine de jardinage, je trouve une petite boite en plastique verte spécial compost pour moins de 10 euros. Il y a également un joli seau en métal plus durable, mais aussi beaucoup plus cher.

Épluchures d’agrumes ? Une légende urbaine !

Épluchures d’agrume, marc de café et coquilles, tout va au compost !

De retour à la maison il faut déterminer ce qu’on peut mettre dans le compost. Épluchures de mandarine, normalement non, mais Alexis me dit que c’est une légende urbaine, alors oui ! Marc de café, c’est oui, évidemment ! Coquille d’œuf ? Oui selon internet, mais bien écrasée en petits morceaux. Une boite en plastique « compostable » ? Fortement déconseillé ! Un plastique compostable reste un plastique et gène la dégradation des autres déchets.
La semaine continue ainsi de suite et le petit seau devient une habitude facile à prendre. Il est vrai qu’on questionne aussi plus ses déchets. « Tiens tu n’as pas fini ta pomme ce matin ? Non, j’ai jeté les parties pourries. ». Ou encore « le chou fleur était tout petit une fois les feuilles enlevées, ça fait beaucoup de déchets, on pourrait peut-être en faire quelque chose ». Pas de problème de restes de viande ou de poisson, on en mange très peu. Mais en règle générale, ils sont à éviter. Même si en petite quantité, il n’y a pas de difficulté dans un compost bien géré. Pour en savoir plus, Le Réseaux Compost Citoyens a publié un petit guide sur les idées reçues que vous pouvez consulter ici. Notre petite boite se remplie bien et vite. Mardi soir, soit 5 jours après l’arrivée de notre collecteur, elle est bien pleine. Il faut absolument que je trouve un moyen de vider mon bac. Mais où ?

Si j’habitais dans le 12e ou le 2e arrondissement je n’aurais qu’à vider mon seau dans le collecteur de biodéchets. En effet, la mairie mène une expérimentation sur la collecte des biodéchets dans la capitale, avant une généralisation prévue avant 2020. Mais d’une, j’habite le 11e, de deux la collecte des biodéchets n’est pas ce qu’on peut appeler le compostage de proximité, et de trois -selon mes anciens voisins du 12e- la collecte de biodéchets n’est pas une franche réussite dans les immeubles : poubelles pleines, odeurs et déchets mélangés. Bref, il faut que je trouve un composteur collectif au plus vite.

Les composteurs seraient-ils timides ?

Malheureusement mon immeuble ne possède pas (encore J) de composteur collectif. Il faut donc que je dépose mes biodéchets chez quelqu’un d’autre. Pour trouver un compost collectif le Réseau Compost Citoyen a mis en place le site Géocompost. Le site est encore en développement, mais il y a déjà de nombreux sites de compostage référencés partout en France. Pour Paris, il vaut mieux se rendre sur le site du Syctom, l’agence métropolitaine des déchets ménagers. Ou encore sur Je compost en ville, et retrouver tous les sites de compost collectifs d’immeubles et associatifs. Coté asso, trois sont référencées, mais rien à côté de chez moi. Je cherche alors un compost qui voudrait bien m’accueillir, mais malgré trois tentatives, aucune réponse. Est-ce que les composteurs seraient timides ? Il ne me reste plus qu’a me creuser la tête et trouver un ami qui a la chance d’en avoir un dans son immeuble. Bingo, Rodolphe, qui se trouve être le graphiste et le webdesigner qui a conçu ce site, a tout ce qu’il faut au pied de son appart, à quelques stations de chez moi. Rendez-vous pris jeudi soir.

On retrouve Rodolphe au pied de son immeuble. Deux énormes bacs en bois sont entreposés dans un coin de la cour collective. Ici, pas de cadenas ni de code. La confiance règne. Mon ami me raconte qu’ils ont été rapidement initiés par le responsable du compost en arrivant. Mais comme il me dit « il suffit de passer 5 minutes sur internet pour tout comprendre ». Pas bête. Un bac est au repos, c’est généralement ce qu’on fait à la fin de l’automne pour préparer un bon compost au printemps. Des consignes de tri simples sont indiquées sur le bac. Pas de mauvaise odeur ni de nuisible, juste un petit mille pattes, preuve de la bonne santé du jardin. On vide donc notre petit seau dans l’autre bac et on remue bien. Et voilà. C’est au moins 2 kilos de biodéchets qui sont retournés à la nature plutôt que brulés en incinérateur. Et c’est déjà pas mal !

Mission réussie !

Conclusion de l’aventure, le tri des biodéchets c’est vraiment pas compliqué. Ca ne sent pas mauvais et ça réduit considérablement le poids du sac poubelle. Personnellement je vais chercher un compost collectif à côté de chez moi, mais je me demande si le lombricomposteur n’est pas la solution pour des urbains comme moi. Il y a juste une barrière psychologique à franchir. Pour ce qui est d’installer un composteur collectif en bas de mon immeuble : je n’imagine pas la tête des propriétaires à l’assemblée générale. Mais la gardienne adore les plantes et je pense la solution possible, même si ce ne sera pas évident.

Pour tous ceux qui souhaitent, comme moi, se lancer dans l’aventure et découvrir toutes ces pratiques : Rendez vous du 30 au 14 avril pour Tous au compost. Plus de 800 évènements sont aujourd’hui en ligne. Partez à la découverte du compostage de proximité et de ses 1000 astuces. Et puis comme le dit si bien Alexis, un compost collectif « c’est aussi un nouvel espace de vie et la création de lien social ». Rien que pour ça : levons les bras en l’air et crions TOUS AU COMPOST !!!

La vidéo de présentation de tous au Compost 2019 :

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